L’Ukraine – enjeu entre la Russie et l’Occident
Publicat la 6 May 2008; ; tag-uri: , , ,

      Il est évident que l’Ukraine, située au bord de la mer Noire, est incontestablement une zone de contrastes. En effet, elle constitue le théâtre de luttes d’influence tant à travers l’histoire qu’à présent. Ce pays pendant trois millénaires s’est trouvé dans le milieu d’une histoire troublée. Maintenant, deux parts du monde, c’est-à-dire la Russie et l’Occident, construisent leurs conceptions stratégiques, politiques et économiques dans cette région, tenant compte de l’espace adjacent  à la zone analysée. Le grand intérêt des grandes puissances dans la région s’explique par l’importance géopolitique, géostratégique, géoéconomique et géo-énergétique de l’espace, aussi par son puissance transfrontalière et de transit.

      Aujourd’hui, les dissensions diplomatiques autour de cet espace deviennent de plus en plus évidentes, la cause étant tant la réorientation de la politique étrangère de Kiev vers l’Ouest, que la perception russe de l’élargissement de l’UE et de l’OTAN vers l’est comme une menace nationale. En fait l’Ukraine n’existant pas comme pays indépendants jusqu’à l’implosion de l’URSS, représentait l’interface européenne de l’Empire russe et puis soviétique. Dans cette mesure cette région devient comme un pivot géopolitique, puisque l’existence de l’Ukraine comme un pays indépendant en face du Kremlin (indépendants dans le sens stricte du mot) contribue à la transformation de la Russie. C’est-à-dire que sans la présence russe dans la région ukrainienne, la Fédération Russe perd son importance (géo) politique et (géo) stratégique dans l’Europe. Ainsi, une éventuelle adhésion de l’Ukraine dans l’UE et l’OTAN effraie le Kremlin. Parce que cela ferait basculer géographiquement la Russie en Asie, de l’Europe la liant uniquement les relations économiques et énergétiques.

      Dans ce contexte il est bon de citer Zbigniew Brzezinski qui dit que “sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire, mais avec l’Ukraine, premièrement trompée et puis subordonnée, la Russie devient automatiquement un empire”.

      La perte de l’Ukraine est inadmissible pour la Russie tandis que cet Etat a joué et “joue” encore un rôle (géo) politique dominant en Europe pendant les derniers siècles. En même temps, l’influence de cet espace de par Moscou représente pour la Russie un bouclier vis-à-vis de péril venu de l’Ouest, en particulière de la parte de l’OTAN. Ceci  explique le comportement dur de la Russie vis-à-vis de l’orientation européenne de Kiev et l’émancipation d’une confrontation diplomatique plus évidente entre l’Est et l’Ouest pour cette région, surtout sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Prenons comme exemple les déclarations de l’ex-président russe V. V. Putin (en présent le premier-ministre) pendant le Conseil Russie – OTAN  le 4 avril 2008 de Bucarest: “l’Ukraine est un Etat artificiel, une partie de son territoire étant de l’Europe de l’Est, l’autre partie, la plus consistante, représentant la donation des Russes vers le Kiev”. En même temps, Putin a précisé que la Russie n’hésitera pas casser l’unité territoriale de l’Ukraine, c’est-à-dire va revendiquer la Crimée et la partie de l’est de l’Ukraine si le Kiev est invité à adhérer à l’OTAN.

      Par ailleurs il y a une explication de la nervosité de la Russie, puisque, comme je viens déjà de mentionner, cet espace pour elle est vital, surtout la Crimée, puisque qui contrôle cette péninsule, détient une position clé dans la région de la mer Noire. En plus, la Crimée représente le “pont” de liaison avec l’Europe. C’est pourquoi une éventuelle transformation de la région de la prolongation européenne de la Russie va être difficilement acceptée par la Moscou. Selon moi  la Russie ne peut pas être en Europe sans que l’Ukraine soit en Europe, tandis que l’Ukraine peut être en Europe sans que la Russie y soit.

      De facto, plusieurs géopoliticiens sont soucieux de l’avenir de l’Ukraine et ses régions adjacentes qui pourraient devenir une zone active de confrontation. L’un des arguments est  le conflit de la Transnistrie, dont la solution est encore vague et peu claire, et d’autre part la Crimée, c’est-à-dire la position hostile de l’Ukraine vis-à-vis de la flotte russe en Sébastopol. Récemment, l’Ukraine a proposé à la Russie un plan d’évacuation des forces militaires russes de Crimée après 2017 (quand expire l’accord bilatéral concernant le louage du port de Sébastopol). Ce geste nous démontre que Kiev ne soit plus prédisposé  à accepter la présence russe sur son territoire national. Dans ces conditions, je pense qu’un conflit politique-diplomatique indésirable entre Kiev et Moscou est plus que probable, ce qui, d’ailleurs, pourrait avoir des conséquences néfastes pour la stabilité régionale.

      Je pense également que personne ne désire une déstabilisation de la région, tant pour la Russie, que l’UE dont la frontière de l’est se trouve immédiatement.  Ainsi, je comprends parfaitement la position réservée de l’UE et des Etats-Unis concernant la région moldo-ukrainienne. Prenons comme exemple la déclaration du Haut Représentant de l’UE pour la politique étrangère, Xavier Solana: “l’Ukraine n’est pas encore prête pour adhérer à l’Union Européenne et l’OTAN”. Puisque le cas de la région moldo-ukrainienne est assez sensible, le fait compris par tous, et pour éviter des éventuelles turbulences dans la zone il est essentiel de recourir à des mesures diplomatiques et de compromis.  

      Finalement, nous avons la situation suivante: l’Ukraine, dont une grande partie de la population partage les valeurs culturelles et historiques paneuropéennes et avec une orientation pro-européenne en matière de la politique étrangère –  l’Occident, c’est-à-dire l’Union Européenne et les Etats-Unis, avec une position assez réservée et prudente visant une implication plus active dans la région –  la Fédération Russe avec une politique agressive pour maintenir cet zone sous sa sphère d’influence, gardant son interface européenne, sa place importante géopolitique et géostratégique dans l’Europe et une un contre poids vis-à-vis de l’OTAN.

      Dans cette situation, il est assez difficile de pronostiquer la future direction politique de l’Ukraine et de la Moldavie, tant à la cause du triangle confus présenté ci-dessus, qu’à cause d’une instabilité politique interne des pays analysés et d’un amalgame socio-ethnique de la région.

      En faisant une opération mathématique simple: l’orientation pro-européenne du Kiev officiel + le désir de l’Occident de contrôler cette région, d’une côté, et l’opposition dure de parte de la Russie + la position réservée de l’Occident de s’impliquer plus activement, de l’autre côté, nous obtenons presque une égalité. Néanmoins, selon mon avis, les règles mathématiques sont relatives pour les jeux (géo) politiques, surtout dans les conditions de l’évolution permanente des relations internationales contemporaines. Tellement l’espace ukrainien, comme je viens de mentionner au débout, reste encore une zone de transition géopolitique et caractérisée par la transition, dont l’évolution dépende tans des facteurs extérieurs (du comportement et de la politique (diplomatie) des grandes puissances mondiales), que de ceux intérieure (stabilité politique interne et le consens national concernant son orientation de la politique étrangère).

 

Alexandru Baltag,

République de Moldavie

 

 

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